PageRank, ce que vaut vraiment un lien
David TouzetMise à jour le 13 août 202613 min de lectureUn mythe tenace veut que le PageRank soit mort en 2016. Ce qui est mort, c’est le score public que tout le monde regardait. L’algorithme, lui, a été confirmé vivant par Google en 2017. Voici ce qu’un lien transmet réellement, pourquoi l’endroit où vous le posez change sa valeur, et ce que ça implique concrètement sur votre propre site.
- L’idée d’origine, un lien est une citation
- Le chiffre que presque personne ne connaît
- Le point le plus actionnable, la position du lien
- Non, il n’est pas mort en 2016
- Les 3 réglages internes qui comptent
- Le portail d’entrée, avant même la course aux liens
- Ce que ça change dans votre ordre de priorité
- Pourquoi les sites remplis à la machine s’effondrent
- Ce que ce dossier ne dit pas
- Par où commencer
L’idée d’origine, un lien est une citation
Elle date de 1997, elle vient de 2 étudiants de Stanford, et elle a mis fin au chaos des moteurs de recherche.
Avant, pour être bien classé, il suffisait de répéter un mot-clé. Le système se manipulait en une après-midi.
L’idée qui a tout changé est empruntée au monde scientifique. Un lien vaut une citation. Quand une page en cite une autre, elle vote pour elle.
Et le vote n’est pas égalitaire. Une page importante qui vous cite compte davantage qu’une page inconnue. Exactement comme une recommandation dans un grand quotidien ne pèse pas le même poids qu’un billet publié la semaine de son lancement.
C’est le passage d’un système fondé sur ce que vous dites de vous, à un système fondé sur ce que les autres disent de vous. Cette bascule n’a jamais été annulée depuis.
Le chiffre que presque personne ne connaît
La formule d’origine contient un détail qui explique beaucoup de choses.
Un lien ne transmet pas 100% de la valeur de sa page. Il en transmet environ 85%. C’est le facteur d’amortissement, fixé à 0,85 dans le calcul.
L’idée derrière ce chiffre est simple. Un internaute qui saute de lien en lien ne clique pas indéfiniment. À chaque page, il a une probabilité de s’arrêter. La valeur se perd un peu à chaque saut.
La conséquence pratique est directe. Une page à 4 clics de votre accueil ne reçoit pas 4 fois moins que votre accueil, elle reçoit ce qui reste après 4 déperditions successives, réparties entre tous les liens de chaque étape.
C’est pour ça que la profondeur compte, et c’est mesurable chez vous en quelques minutes.
Le point le plus actionnable, la position du lien
Le modèle a été affiné, et cette évolution est la plus utile à connaître.
Elle est dite du surfeur raisonnable. Plutôt que de supposer qu’un visiteur clique n’importe quel lien au hasard, elle pondère chaque lien par sa probabilité réelle d’être cliqué.
Donc l’endroit où vous posez un lien change son poids.
Un lien placé haut dans le corps d’un texte, dans une phrase qu’on lit, pèse davantage. Le même lien rangé en pied de page à côté des mentions légales pèse beaucoup moins.
Ce qui rejoint une évidence qu’on oublie. Un lien que personne ne clique n’a aucune raison de valoir grand-chose aux yeux d’un moteur qui essaie de modéliser un lecteur.
La règle qui en découle. Vos liens internes importants vivent dans le texte, tôt, dans une phrase qui a du sens. Pas dans un bloc de liens en bas de page, pas dans un menu déroulant, pas dans une liste de 30 entrées où le vôtre se noie.
Non, il n’est pas mort en 2016
C’est l’affirmation qu’on entend le plus, et elle repose sur une confusion.
Ce qui a disparu en mars 2016, c’est le score public. La note de 0 à 10 affichée dans la barre d’outils de Google, que tout le monde regardait, et qui n’était déjà plus mise à jour depuis 2013.
Ce qui n’a pas disparu, c’est l’algorithme. En 2017, un porte-parole de l’équipe Search de Google l’a confirmé publiquement, PageRank est toujours utilisé dans le classement, parmi des centaines d’autres signaux.
La formule exacte est devenue une boîte noire, et elle a évidemment évolué. Mais le principe, l’autorité qui circule par les liens, n’a pas été retiré.
⚠ Et la confusion la plus coûteuse est ailleurs. Le Domain Authority, le Domain Rating et le Trust Flow ne sont pas le PageRank. Ce sont des estimations construites par des éditeurs d’outils à partir de leurs propres index du web.
Elles sont utiles pour comparer 2 sites entre eux, à condition de rester dans le même outil. Elles ne sont jamais l’avis de Google, et un prestataire qui vous vend une hausse de Domain Rating vous vend la note d’un outil privé, pas une position.
Les 3 réglages internes qui comptent
Voici la partie qui se règle chez vous, sans budget et sans attendre de lien extérieur.
1. Aucune page importante à plus de 3 clics de l’accueil. C’est le repère qui revient partout. Au-delà, la valeur transmise s’est trop diluée et l’exploration devient irrégulière.
2. Une couverture suffisante en liens entrants sur vos pages commerciales. L’erreur classique consiste à mailler soigneusement ses articles entre eux, et à laisser les pages qui vendent au bout d’un menu, avec 1 ou 2 liens entrants.
3. Les liens qui comptent, placés haut et dans le texte. Cf la section précédente.
Les 2 premiers se mesurent avec n’importe quel outil de crawl, en regardant 2 colonnes, la profondeur et le nombre de liens entrants uniques.
Et si vous voulez le vérifier sans outil, votre plan du site suffit pour la profondeur.
# Compte les liens internes entrants vers vos pages commerciales,
# depuis toutes les pages listees dans votre sitemap.
# Remplacez le domaine et la portion d'URL a surveiller.
DOMAINE="https://votre-site.fr"
CIBLE="/prestations/"
curl -s "$DOMAINE/sitemap.xml" \
| grep -o "<loc>[^<]*</loc>" | sed "s|</\?loc>||g" \
| while read -r page; do
curl -s "$page" \
| grep -o "href=\"[^\"]*$CIBLE[^\"]*\"" \
| sed "s|href=\"||;s|\"$||"
done \
| sort | uniq -c | sort -rn
La colonne de gauche est le nombre de pages qui pointent vers chaque adresse. Toute page commerciale qui affiche 0, 1 ou 2 est votre chantier de la semaine.
Le portail d’entrée, avant même la course aux liens
Voici l’information la plus utile de ce dossier, et elle vient d’un praticien qui a trouvé une faille dans les systèmes de Google, l’a signalée, et a été récompensé pour ça.
Il existe chez Google une note attachée au site, distincte du classement d’une page. Et elle fonctionne comme un droit d’entrée.
En dessous d’un certain seuil, un site n’est simplement pas éligible à certains affichages, comme les réponses mises en avant ou les questions associées. Peu importe la qualité de la page, peu importe sa vitesse. Il n’est pas dans la course.
C’est une explication qui manque à beaucoup de diagnostics. Une entreprise constate qu’elle n’apparaît jamais dans ces blocs, conclut que son contenu est mauvais, et le réécrit 3 fois sans rien changer. Le problème n’était pas la page.
Et voici le point qui surprend le plus. Cette note ne se corrèle pas aux liens. Le même praticien a comparé cette note à tous les indicateurs de liens du marché sur environ 200 000 sites. Aucune corrélation.
Ce à quoi elle ressemble, c’est à la part de recherches qui vous nomment. Combien de gens tapent votre nom, et combien vous choisissent quand vous apparaissez.
Ce qui explique un classement contre-intuitif. Des sites institutionnels très spécialisés obtiennent des notes élevées, parce que presque tout ce qu’on cherche chez eux, c’est eux. À l’inverse, un très grand site marchand peut obtenir une note basse, parce qu’il apparaît surtout sur des produits qui ne portent pas son nom.
Ce que ça change dans votre ordre de priorité
Si ce mécanisme est bien celui décrit, il déplace le centre de gravité de tout ce qui précède.
Les liens restent le levier de classement d’une page. Rien de ce qui est écrit plus haut ne change.
Mais le droit d’entrée, lui, se gagne autrement. Il se gagne quand des gens cherchent votre nom, vous reconnaissent dans une liste de résultats, et vous choisissent.
Autrement dit, la notoriété n’est pas le vernis qu’on met après le référencement. Elle en est une condition d’accès.
Ce que ça implique concrètement pour une entreprise.
Une campagne de presse locale, une intervention dans un podcast, un partenariat visible, une conférence, tout ce qui fait qu’on tape votre nom, travaille sur cette note. Ce n’est pas du référencement au sens habituel, et ça produit un effet de référencement.
À l’inverse, acheter 200 liens sur des sites que personne ne lit ne fait rien pour ça, et ne rend votre nom ni plus cherché ni plus reconnu.
⚠ La précaution d’usage, et elle compte. Ce mécanisme est décrit par un praticien à partir de données qu’il a obtenues par une faille, et recoupé avec des brevets déposés par Google. Ce n’est pas une documentation officielle. Le sens général est cohérent avec ce que Google répète depuis des années. Les seuils précis, eux, ne se citent pas comme des vérités.
Pourquoi les sites remplis à la machine s’effondrent
Le même raisonnement explique un phénomène qu’on observe partout depuis 2 ans, et que personne n’explique correctement.
Un site publie des centaines de pages produites automatiquement. Les positions montent vite, parfois spectaculairement. Puis, entre 6 et 12 mois plus tard, tout s’effondre d’un coup.
L’explication tient en 2 temps.
Au départ, Google n’a aucune donnée d’usage sur un site neuf. Il lui attribue donc une note estimée, en le comparant à des sites qui lui ressemblent. Et un texte produit par une machine ressemble beaucoup, en surface, à du bon texte, puisqu’il a été appris sur du bon texte. La note de départ est donc généreuse.
Ensuite, les vraies données arrivent. Personne ne cherche cette marque par son nom. Les visiteurs repartent. La note réelle remplace la note estimée, et le site retombe à sa place.
La leçon pratique. Une montée rapide sur un site neuf n’est pas une preuve que ça marche. C’est une avance sur crédit, remboursable. La question à se poser n’est pas est-ce que ça monte, c’est est-ce que quelqu’un nous cherche par notre nom.
Ce que ce dossier ne dit pas
Cette section existe parce que l’absence d’une information est parfois plus parlante que sa présence.
Nous avons dépouillé 8 exposés sur le PageRank, soit plus de 43 000 mots, dont plusieurs signés par des praticiens reconnus.
Aucun ne parle de cocon sémantique. Aucun ne parle de silo. Aucun ne parle d’étanchéité entre branches d’un site. Zéro occurrence, sur l’ensemble.
Ça ne prouve pas que ces méthodes sont fausses. Ça montre qu’elles n’appartiennent pas au corps de connaissance qui se transmet quand on explique comment l’autorité circule.
La doctrine qui interdit tout lien entre 2 branches d’un site repose sur une image, celle d’un jus qui devrait remonter à la racine avant de redescendre. Ce n’est pas ainsi que le calcul fonctionne. La valeur circule le long de tous les liens, dans les 2 sens, sans repasser par un point central.
Notre position, et elle est simple. Un lien se pose parce qu’il aide le lecteur. Si 2 pages de branches différentes se répondent vraiment, le lien est justifié. S’il ne se justifie que par un schéma, il n’a rien à faire là.
Par où commencer
3 gestes, du plus rapide au plus lent.
1. Mesurez la profondeur de vos pages qui vendent. Si l’une d’elles est à 4 clics ou plus de l’accueil, remontez-la dans la navigation. C’est l’heure la mieux investie de votre mois.
2. Comptez leurs liens entrants internes. La commande plus haut le fait. Chaque page commerciale devrait recevoir des liens depuis les articles qui traitent son sujet, dans le texte, pas en fin de page.
3. Puis seulement, occupez-vous des liens extérieurs. Ils restent le levier le plus puissant et le plus lent. Un seul lien d’un site respecté vaut mieux que 30 liens sans valeur, et cette règle-là n’a pas bougé depuis 1997.
Une dernière remarque pour finir. Tout ce qui précède décrit comment Google classe des pages. Ce n’est plus le seul jeu, cf pourquoi être premier sur Google ne suffit plus. Mais un site que Google explore mal et classe mal ne sera cité par aucune machine non plus, cf notre prestation référencement.
À lire ensuite
Pour aller plus loin sur le sujet.
- Ancres de liens, la répartition qui ne déclenche rien
- Choisir ses mots-clés sans se fier au volume de recherche
- Être cité par les IA, pourquoi être premier sur Google ne suffit plus
- Google Stacking, les liens Google qui comptent
- Notre prestation référencement
- Budget de crawl, pourquoi ce n’est pas votre problème
- SEO parasite, pourquoi Google sanctionne les rubriques sponsorisées
- Liens de second niveau, ce qui arrive vraiment jusqu’à vous
- Linkbaiting, obtenir des liens sans les acheter
Questions fréquentes
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