Choisir ses mots-clés sans se fier au volume de recherche
David TouzetMise à jour le 13 août 202615 min de lectureLa plupart des gens choisissent leurs mots-clés en regardant une seule colonne, le volume de recherche. C’est la variable qui fait prendre le plus de mauvaises décisions en référencement, parce qu’elle ne dit rien de la valeur d’un visiteur, rien de la concurrence réelle, et rien du trafic qui restera une fois la page de résultats remplie. Voici comment décider autrement.
- Pourquoi le volume fait prendre de mauvaises décisions
- Les 4 endroits où lire la demande réelle
- Le coût par clic, l’indicateur mal lu
- Compter les blocs avant de projeter du trafic
- Les 5 stades de conscience, et l’ordre que tout le monde inverse
- Plusieurs pages sur une requête, ce n’est pas un problème
- Repérer les familles de pages trop proches
- Le test qui décide avant d’écrire, 1 page ou 2
- Le signal qui dit de créer une page
- La règle du nom de ville
- Travailler par sprints, pas par listes de 1000
- Par où commencer, concrètement
Pourquoi le volume fait prendre de mauvaises décisions
Un chiffre gros attire l’œil, et c’est tout le problème.
Le volume de recherche ne dit rien de 3 choses qui décident pourtant du résultat.
Il ne dit rien de ce que vaut un visiteur. 5 000 recherches par mois de gens qui se renseignent valent moins que 40 recherches par mois de gens qui achètent.
Il ne dit rien de ce qu’il faudra dépenser pour se classer, ni du niveau des pages déjà en place.
Il ne dit rien du trafic qui restera une fois que la page de résultats sera remplie d’un aperçu IA, d’un pavé publicitaire et d’une carte locale.
Ajoutez une quatrième faiblesse, technique celle-là. Les outils affichent une donnée en retard. Un sujet neuf, une tendance, un terme qui vient d’apparaître affichent zéro pendant des mois. C’est précisément là que la place est libre, et c’est exactement ce que la plupart des concurrents écartent.
Les 4 endroits où lire la demande réelle
La bonne question n’est pas combien de gens tapent ça. C’est est-ce que cette demande est prouvée quelque part.
1. Le volume. Il reste utile, en premier repère, jamais en verdict.
2. Les impressions de votre Search Console. Si Google vous affiche déjà sur une requête, quelqu’un la tape. C’est de la donnée réelle, sur votre site, gratuite. En local, c’est même la meilleure source qui existe, parce que les outils payants n’ont presque aucune donnée sur les requêtes avec un nom de ville.
3. L’engagement dans les communautés. Une question posée sur un forum, dans un groupe, sous une vidéo, avec des réponses dessous, est une demande prouvée. Elle n’aura aucun volume dans les outils. Elle existe.
4. Les questions de vos rendez-vous. Ce que vos prospects vous demandent au téléphone avant de signer. Aucun outil ne l’a, vous seul l’avez, et c’est la source la plus fiable des quatre.
La règle de répartition qui tient. 80% de sujets à demande prouvée, 20% de paris sur des sujets à volume zéro. Les 20% sont ce qui vous différencie, les 80% sont ce qui paie.
Le coût par clic, l’indicateur mal lu
Voici la partie que presque personne n’exploite, et elle ne coûte rien.
Le coût par clic se lit dans le planificateur de Google Ads, gratuitement, même si vous ne faites aucune publicité.
Ce qu’il vous dit. Si des annonceurs paient 12 € le clic sur un mot-clé, c’est qu’il convertit. Ils l’ont mesuré à leurs frais, sur leur budget, et ils continuent. C’est la meilleure preuve d’intention d’achat que vous obtiendrez gratuitement.
⚠ Et voici l’inversion, celle qui compte le plus. Un mot-clé avec du volume et aucun annonceur n’est pas une opportunité en or. C’est un signal d’alerte.
Deux explications possibles, et les deux sont mauvaises pour vous. Soit l’intention est purement informative et ces visiteurs n’achètent jamais. Soit des annonceurs ont essayé, ont perdu de l’argent, et sont partis.
Presque tout le monde lit ce vide comme un océan bleu. C’est le plus souvent un champ de mines déjà déminé par quelqu’un d’autre, à ses frais.
Compter les blocs avant de projeter du trafic
Une première place ne vaut plus une première place. Ça dépend de ce qu’il y a au-dessus.
Avant de retenir un mot-clé, tapez-le et comptez ce qui prend de la place avant les résultats naturels.
Un aperçu IA. Un pavé publicitaire. Les questions associées. La carte locale. Les résultats marchands. Les vidéos.
Chacun de ces blocs prend des clics. Une première place sur une page qui en porte 6 rapporte une fraction de ce que rapporte une première place sur une page qui n’en porte aucun.
Ce comptage prend 30 secondes par mot-clé et il change des arbitrages entiers. C’est aussi ce qui explique pourquoi les pages qui expliquent perdent tant de trafic pendant que les pages qui vendent résistent, cf pourquoi être premier sur Google ne suffit plus.
Voici une note d’opportunité que vous pouvez coller telle quelle dans un tableur, pour trier une liste sans y passer la nuit.
Colonnes attendues, dans cet ordre
A mot-cle | B volume | C cout par clic | D position actuelle | E nb de blocs
Formule a coller en F2, puis a etirer vers le bas
=ROUND(
MIN(LN(MAX(B2,1)+1)*4, 20)
+ MIN(C2*2, 25)
+ IF(AND(D2>=2, D2<=15), 25, IF(D2>15, 8, 0))
- E2*3
, 0)
Ce que chaque terme fait
volume plafonne a 20 points, en logarithme, pour qu'un gros
chiffre n'ecrase plus tout le reste
cout par clic jusqu'a 25 points, c'est la preuve d'intention d'achat
position 2 a 15 25 points, ce sont vos gains les plus rapides
blocs de la page -3 points chacun, c'est le trafic qui ne viendra pas
Le point important n’est pas la formule, c’est la hiérarchie qu’elle impose. Le volume y pèse au maximum 20 points sur 70. C’est sa vraie place.
Les 5 stades de conscience, et l’ordre que tout le monde inverse
Ce classement est ancien, il vient de la vente, et il reste le meilleur outil de priorisation qui existe.
Du plus proche de l’achat au plus lointain.
Il vous connaît et veut acheter. Il tape votre nom, ou devis, ou tarif.
Il compare des marques. Avis, comparatifs, alternatives.
Il cherche le meilleur type de solution. Le meilleur plus la prestation, plus la ville si c’est local.
Il a conscience de son problème mais pas de la solution. Pourquoi mon site ne reçoit aucun appel.
Il ne sait pas encore qu’il a un problème. Comment trouver plus de clients.
⚠ Commencez par le haut de cette liste, jamais par le bas. L’erreur universelle est de partir des sujets larges, parce que c’est là que le volume est spectaculaire. Ce sont aussi ceux qui ne convertissent pas, et ceux où la concurrence est la plus dure.
Le stade le plus rentable aujourd’hui est le troisième, le meilleur plus la prestation. C’est là que se joue à la fois le classement classique et la recommandation par les assistants. C’est donc ce type de question qu’il faut suivre dans les 2 mondes à la fois.
Plusieurs pages sur une requête, ce n’est pas un problème
Voici la nuance qui manque à presque tout ce qui s’écrit sur la cannibalisation, et elle évite de casser ce qui marche.
On répète que 2 pages positionnées sur la même requête se font concurrence et que Google hésite. C’est vrai seulement dans un cas.
Ouvrez votre Search Console sur une requête importante et regardez les pages qui remontent. Vous en verrez plusieurs. C’est le cas presque à chaque fois, et ce n’est pas anormal.
Le vrai test n’est pas le nombre de pages, c’est la répartition des clics.
Si une page prend l’essentiel des clics et que les autres en récoltent quelques-uns, tout va bien. Google a tranché, il a désigné la bonne, et les autres apparaissent en résidu sur des cas particuliers. Il n’y a rien à corriger.
Si les clics se partagent entre 2 pages à peu près à parts égales, là oui, vous avez un problème. Aucune des 2 n’est reconnue comme la référence, et vous perdez sur les deux.
⚠ Et vérifiez d’abord que la page qui gagne est celle que vous vouliez. C’est le contrôle le plus utile. Si Google fait remonter un article de blog là où vous vouliez votre page de prestation, le problème n’est pas la cannibalisation, c’est que votre page commerciale ne répond pas à cette requête.
Repérer les familles de pages trop proches
Avant même la Search Console, une recherche suffit à voir la forme du problème.
Tapez dans Google site:votre-site.fr suivi d’un mot central de votre activité. Vous obtenez la liste de vos propres pages qui traitent ce mot.
site:votre-site.fr formation
site:votre-site.fr isolation
site:votre-site.fr devis
Tant que vous y êtes, voici les autres commandes qui servent vraiment. Elles sont gratuites, elles fonctionnent dans la barre de recherche, et elles remplacent beaucoup d’outils payants pour un audit rapide.
site:concurrent.fr tarif ce qu'un concurrent publie sur ses prix
site:concurrent.fr -blog son site SANS son blog, pour voir ses pages qui vendent
"devis salle de bain Montpellier" l'expression EXACTE, rien d'approchant
intitle:"guide de l'acheteur" seulement si c'est dans le titre de la page
filetype:pdf appel d'offres les documents, souvent invisibles autrement
site:.gouv.fr subvention rénovation uniquement les sources officielles
after:2026-01-01 réglementation dpe rien de plus vieux que cette date
Les 3 qui rapportent le plus à une entreprise. Le - pour exclure ce qui pollue vos résultats. Les guillemets pour l’expression exacte, qui montre qui parle vraiment comme vos clients. Et filetype:pdf, qui fait remonter des appels d’offres, des études et des documents officiels que personne ne trouve autrement.
Elles se combinent toutes entre elles, et c’est là qu’elles deviennent puissantes.
Si 8 pages remontent sur le même terme, vous tenez une famille à examiner. Ça ne prouve rien à soi seul, ça montre où regarder.
Ensuite, le contrôle par les clics, requête par requête, dans la Search Console. Filtrez sur la requête, ouvrez l’onglet des pages, et lisez la répartition. À faire sur vos 10 requêtes qui comptent, une fois par mois, pas plus.
Et quand le problème est confirmé, une seule page garde le sujet. L’autre fusionne dedans, et son adresse est redirigée en 301 vers celle qu’on garde. Jamais une suppression sèche, cf ce que vaut vraiment un lien, la page abandonnée porte peut-être les seuls liens externes de votre site.
Le test qui décide avant d’écrire, 1 page ou 2
Les 2 sections précédentes réparent une cannibalisation existante. Celle-ci évite de la créer, et c’est évidemment moins cher.
La question se pose à chaque fois. Vous avez 2 mots-clés proches. Une seule page pour les 2, ou une page chacun.
Le test tient en une manipulation. Tapez les 2 requêtes dans Google, l’une après l’autre, et comparez les adresses qui remontent sur la première page.
Si les résultats se recouvrent largement, disons 6 adresses communes sur 10, Google considère que les 2 requêtes posent la même question. Une seule page suffira, et elle se classera sur les 2.
Si les résultats diffèrent nettement, Google y voit 2 intentions distinctes. Une page pour chacune, sinon aucune des 2 ne sera vraiment reconnue.
C’est gratuit, ça prend 2 minutes, et ça vous évite d’écrire une page dont vous ne voulez pas.
Et un second critère, le sens. Prendre et apporter veulent dire la même chose, les résultats le confirmeront. En revanche, combien de mots-clés utiliser et combien de mots-clés par page se ressemblent beaucoup et ne visent pas la même personne. La seconde s’adresse à quelqu’un qui raisonne page par page, la première à un débutant qui pense site entier.
Quand le sens et les résultats se contredisent, suivez les résultats. Google vous dit ce qu’il a déjà décidé, et vous ne le ferez pas changer d’avis.
Le signal qui dit de créer une page
Vous n’avez pas besoin de deviner. Vos propres données vous le disent déjà.
Ouvrez la Search Console et regardez vos pages larges. Si l’une d’elles apparaît en 50e place ou au-delà sur une requête très précise, elle vient de vous donner l’information.
Elle est trop large pour ce sujet. Elle a la pertinence de loin, pas de près.
La mauvaise performance est le meilleur signal de découpage. On crée alors une page dédiée à cette requête précise, et elle monte, parce que la pertinence y est totale.
À l’inverse, une variante proche du sujet principal reste sur la même page. Découper trop tôt fabrique de la cannibalisation, deux pages qui se battent pour la même chose et qui perdent toutes les deux.
Le prompt suivant fait ce tri sur un export de votre Search Console.
Voici un export de ma Search Console (colonnes : page, requête, impressions,
clics, position). Fichier joint.
Analyse-le et rends-moi 3 listes, sans rien inventer.
1. À DÉCOUPER. Les pages qui se classent au-delà de la 50e place sur une
requête nettement plus précise que leur sujet principal. Pour chacune,
donne la requête et la page dédiée à créer.
2. À POUSSER. Les couples page/requête déjà entre la 2e et la 15e place.
Classe-les par impressions décroissantes, ce sont mes gains rapides.
3. À FUSIONNER. Les cas où 2 pages différentes apparaissent sur la même
requête. Indique laquelle garder et pourquoi.
Pour chaque ligne, cite les chiffres du fichier qui justifient ton verdict.
Si un cas est ambigu, mets-le dans une 4e liste "à trancher à la main"
plutôt que de choisir.
La quatrième liste est la plus importante. Un modèle qui ne peut pas dire je ne sais pas invente une réponse propre et fausse.
La règle du nom de ville
Elle tient en une phrase et elle évite des dizaines de pages inutiles.
N’ajoutez une ville que si la réponse change selon la ville.
Ça change pour un prix, un délai, une réglementation locale, une aide régionale, un artisan disponible, un concurrent présent.
Ça ne change pas pour une définition, un fonctionnement, une notion technique. Une matière première a la même composition à Lille et à Perpignan.
Coller un nom de ville sur un sujet qui n’en dépend pas produit une page que personne ne cherche, que rien ne distingue de 40 pages jumelles, et que le moteur lit exactement pour ce qu’elle est, une manipulation.
Le bon réflexe pour repérer les vraies portes locales est de partir d’une question nationale réelle et de vérifier si sa réponse varie géographiquement. Si oui, vous tenez une page. Si non, vous tenez un paragraphe dans une page nationale. Notre grille d’audit d’une page ville détaille ce qu’il faut y mettre ensuite.
Travailler par sprints, pas par listes de 1000
Dernier point, et c’est celui qui fait la différence entre une stratégie et un tableur.
Visez 25 à 50 mots-clés sur un seul groupe de sujets, pendant 30 à 90 jours. Pas 500. Pas 1000.
3 raisons, toutes vérifiables sur votre propre organisation.
La concentration gagne. Traiter un sujet à fond, sous tous ses angles, produit une autorité que 300 pages éparpillées ne produiront jamais.
Une grande liste paralyse. Devant 800 lignes, personne ne commence. C’est le mécanisme d’échec le plus fréquent en référencement, avant même la technique.
Un sprint se termine. Et ça, c’est ce qui manque le plus cruellement quand on paie du référencement au mois. Sans fin visible, le client a le sentiment de financer une boucle. Avec des sprints, il voit un chantier livré, puis le suivant.
50 mots-clés, ce sont déjà 25 pages à créer et 25 à reprendre. C’est un trimestre de travail sérieux. Personne n’a jamais manqué de mots-clés, tout le monde manque de pages finies.
Par où commencer, concrètement
4 gestes, dans cet ordre, et le premier est gratuit.
1. Exportez votre Search Console. 12 mois, pages et requêtes. Vous y avez déjà la demande prouvée sur votre propre marché, y compris les requêtes locales qu’aucun outil payant ne connaît.
2. Passez-la au tri des 3 listes. Le prompt plus haut. Vous en sortirez avec vos gains rapides d’un côté et vos pages à créer de l’autre, en une heure.
3. Ajoutez la colonne du coût par clic. Depuis le planificateur de Google Ads, gratuitement. Et appliquez l’inversion. Un sujet à gros volume sans aucun annonceur passe en bas de pile, pas en haut.
4. Choisissez un seul groupe de sujets et fermez le tableur. Celui où vous pouvez honnêtement être la meilleure source. 25 à 50 sujets, 90 jours, et on ne rouvre pas la recherche de mots-clés avant la fin.
Pour finir, la question à garder en tête pendant tout ce travail. Elle n’est plus combien de gens tapent ça. Elle est est-ce que celui qui tape ça est mon client. Le volume ne répond jamais à cette question, et c’est bien pour ça qu’il ne devrait pas décider, cf notre prestation référencement.
À lire ensuite
Pour aller plus loin sur le sujet.
- Fan-out, les questions que l’IA se pose avant de vous répondre
- Être cité par les IA, pourquoi être premier sur Google ne suffit plus
- Le rapport IA de la Search Console
- Audit SEO local, la grille d’une page ville
- Notre prestation référencement
- Combien de temps vit un article, et quand le mettre à jour
Questions fréquentes
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